Êtes-vous des plus performants… lorsqu’il s’agit d’innover?
Saviez-vous que seulement 8 % des entreprises au Canada prennent réellement la peine de gérer leurs processus d’innovation? Un grand paradoxe qui m’interpelle puisqu’il est prouvé que les PME qui innovent réalisent un gain d’efficacité de 11 %, en moyenne !
Pour chercher à comprendre ce phénomène, je vous propose en premier lieu de jeter un coup d’œil aux données du Global Innovation Index de 2015.
Lorsque nous analysons ces données, nous identifions rapidement les facteurs pour lesquels nous sommes sous-performants en comparaison avec les autres pays du Top 10. Nous pouvons détecter indéniablement notre inaptitude à commercialiser dans les marchés porteurs. Et ce constat s’explique en grande partie par notre inefficience à vendre nos innovations/brevets.
Le constat étant fait, place aux solutions !
Comme mentionnée par mon collègue Vincent Sabourin dans le billet précédent, la méconnaissance des marchés est une problématique majeure qui doit être surmontée au tout début du processus d’innovation. Et pour connaître son marché, on doit connaître sa clientèle ! Il n’est pas nécessaire d’improviser pour obtenir des données significatives en vue de prendre les bonnes décisions. C’est par le transfert de connaissances et des savoir-faire que des dirigeants et des entrepreneurs réussissent là où d’autres échouent.
À titre d’exemple, il m’est souvent arrivé de demander à des chefs d’entreprise en phase de démarrage de m’expliquer le profil des clients pour lesquels ils développent un nouveau jeu vidéo ou une nouvelle application. Rapidement, je constate que les réponses deviennent floues ou encore très évasives. Dommage !! Car cette ignorance en amont, de la clientèle cible (ainsi que leurs besoins) se traduira par des opportunités manquées ou encore pire… des ressources colossales qui risquent de s’évaporer avec le décès de l’entreprise.
Vous avez peut-être déjà lu ou mis en pratique le fameux ratio de 7:1, chiffrant que les dépenses en commercialisation prévisibles sont généralement 7 fois plus élevées que les dépenses en recherche et en développement. C’est justement parce qu’il est primordial de débuter par une connaissance approfondie des besoins de la clientèle avant de se lancer dans un projet de recherche qui aura tôt fait d’engloutir vos précieux capitaux.
D’ailleurs, il n’est pas rare de constater que les capitaux nécessaires à la commercialisation s’avèrent nettement insuffisants une fois la phase de pré-commercialisation entamée. Pour éviter l’écueil, c’est encore sur une compréhension pointue des intérêts de vos premiers acheteurs qui sauvera la donne. C’est sur cette intelligence de marché que vous vous appuierez afin de générer rapidement vos premières ventes.
Plusieurs conseils peuvent être utiles pour aider votre entreprise à cheminer à travers la planification de vos efforts en commercialisation. Un de ces bons conseils : avant de visiter de futurs investisseurs, prenez bien soin de préparer vos arguments en ce domaine, car c’est en grande partie sur cette connaissance du marché et votre capacité à livrer que les investisseurs appuieront leur décision de vous financer. Évitez l’inconfort et cheminez avec des experts en mesure de transférer à votre équipe les connaissances appropriées dans un cadre qui a fait ses preuves. Planifiez des rencontres avec vos employés en vue de mieux comprendre le lien entre votre « produit/service innovant » et des attentes réalisables de vos clients/usagers.
Que vous soyez partie prenante d’une PME ou une grande entreprise, vous vous devez de mesurer la concurrence et d’établir un processus formel et continu en gestion de l’innovation.
Mes collègues à l’Observatoire et moi observons une tendance lourde : les entreprises ou les industries d’un secteur manufacturier font état, souvent inconsciemment, d’une tendance à se centrer sur la fonction production/optimisation des coûts, malheureusement bien souvent, au détriment d’une démarche complète intégrant une culture d’innovation permettant d’accroître la valeur ajoutée et bien entendu, d’accéder plus rapidement aux marchés.
Comprendre les processus fondamentaux et être en mesure de se positionner face à une compétition internationale forte requiert une intelligence de marché. Ainsi, en vue de soutenir les entreprises et les acteurs économiques à mieux s’outiller, l’Observatoire des stratégies de commercialisation de l’innovation (OSCI) planche présentement sur une étude qui servira de base à un index de l’innovation, similaire à l’indice « Dow Jones », qui permet d’apprécier la performance du marché boursier. À l’instar du Dow Jones, notre index mesurera la performance de nos activités de commercialisation de nos d’innovations en lien avec la performance économique observé auprès d’une variété de secteurs d’activité.
L’Observatoire a été créé avec la vision qu’en fournissant à l’écosystème une compréhension des facteurs de succès, nous pourrons aider le Québec à s’imposer à l’international.
Ce carnet vise à vous sensibiliser au fait que les entreprises doivent se munir d’un tableau de bord et de métriques liés, entre autres, à la « commercialisation de ses innovations ». Le fait de se mesurer en amont du cycle de l’innovation et de le faire en permanence vous aidera à bien comprendre vos succès ou vos insuccès !
N’hésitez pas à faire appel à l’Observatoire pour mieux comprendre l’importance de mettre en place une « culture » de la gestion de l’innovation. C’est la clef pour être des plus performants en matière d’innovation.
Michel Langelier
Conseiller stratégique aux partenariats pour l’OSCI




